J’ai des moyens mais je suis un rapiat

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J’ai des moyens mais je suis un rapiat

L’avarice est un trait de caractère obsessionnel qui prend sa source dans la deuxième année de la vie, au moment de l’apprentissage de la propreté. L’enfant découvre qu’en retenant ses matières fécales, il éprouve un grand plaisir physi-que, et peut également exercer un moyen de pression sur son entourage. A la notion de cadeau et de don s’oppose la notion de contrôle et de pouvoir sur l’autre. Une fois adulte, le radin refuse de dépenser son argent, de la même manière qu’il refusait, enfant, de donner son « cadeau » à sa maman…

Ceux qui ont eu des parents endettés, poursuivis par les huissiers, ceux qui ont connu les privations auront tendance à capitaliser à l’âge adulte pour ne pas revivre le traumatisme du manque et de l’insécurité. A l’opposé, ceux qui ont baigné dans une culture familiale valorisant le sens de l’économie et la transmission de l’héritage, ne penseront qu’à augmenter le patrimoine familial et éradiquer le gaspillage.

Autre catégorie d’avares décrite par les psychothérapeutes, les « anorexiques financiers ». Paralysés face à l’argent, ils sont incapables de se faire rémunérer à leur juste prix et de dépenser ce qu’ils gagnent pour se faire plaisir, car ils ne s’accordent pas assez de valeur personnelle.

Les psychothérapeutes comportementalistes, quant à eux, expliquent que cette peur de manquer d’argent renvoie à la peur de mourir. Les pensées d’un avare sont envahies de fausses croyances, distorsions cognitives, dramatisations, conclusions hâtives, qui se résument à : « Si je n’amasse pas un maximum d’argent, je suis en danger de mort ! » En effet, pour tous les êtres humains, la fortune est symboliquement associée à la puissance. Ce qui explique d’ailleurs que les conduites avaricieuses se développent de plus en plus avec l’âge, comme si les richesses accumulées pouvaient exorciser la mort…

Certains psychiatres assimilent aussi l’avarice à une conduite de dépendance. L’argent devient le produit dont on ne peut se passer, au même titre que la drogue pour les toxicomanes, produit qui vient combler un manque affectif insatiable et une angoisse du vide.

Enfin, les rapiats cherchent à remplir leur vide intérieur et spirituel à coups de liasses de billets de banque. Mais cette course à la fortune n’est qu’un leurre, car « le bonheur ne vient jamais de l’extérieur, mais de l’intérieur ».

Que faire ?

Prendre conscience de sa dépendance
Pour changer son rapport à l’argent, il faut d’abord comprendre que, lorsque l’on a une relation « passionnelle » avec son compte bancaire, on en est esclave. Souvent, c’est l’entourage qui permet de réaliser à quel point cette « passion » nous ronge.

S’obliger à faire des petits cadeaux
Certains thérapeutes comportementalistes encouragent leurs patients à avoir des « objectifs de dépense » : inviter un ami au restaurant une fois par mois, s’offrir au moins un achat personnel par semaine, etc. Ces dépenses sont alors intégrées au processus thérapeutique et rendent compte des progrès en cours.

Reconsidérer ses valeurs, élargir son horizon
Pour prendre ses distances avec l’argent, il faut, d’une part, déplacer ses pensées vers d’autres centres d’intérêt, sortir d’une vision trop matérialiste du monde en se fixant des objectifs intellectuels, artistiques, humanitaires, et, d’autre part, remettre l’argent en circulation, le partager, l’investir pour créer des liens affectifs
et sociaux. L’argent qui dort est stérile.

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