Être un homme

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Être un homme

Ce sujet, traité parfois par le prisme du « virilisme », est directement corrélé au sujet des inégalités femmes-hommes, car il renvoie à la façon dont les jeunes garçons vont se créer une vision de la masculinité et donc de leur identité.

De ce que je me souviens plus jeune, les modèles masculins qui transparaissaient dans les médias étaient grands, sportifs et musclés, avec de la barbe, sûrs d’eux, drôles, ne pleurant jamais, ne laissant apparaître aucunes faiblesses, dominants, colériques mais pas trop, violents si nécessaire et entourés de plusieurs femmes.

Et il ne me semble pas que cela ait beaucoup évolué.

Regardez l’explosion de la vente des produits protéinés qui promettent un développement musculaire. Je suis assez abasourdi par le nombre de jeunes hommes qui se mettent à manger 1kg de poulet par jour pour répondre à cet idéal alors même que leur phénotype ne s’y prête pas. Ils se retrouvent dépendant d’un mode de vie drastique pour garder une apparence fantasmée de l’homme.

De la même manière, être un homme d’un mètre soixante-dix ou moins reste compliqué. Beaucoup prennent régulièrement des brimades sur leur taille. Il n’y a qu’à voir comment la télé fait en sorte de grandir les plus petits, comme s’il y avait une incompatibilité avec la masculinité.

Sur la sensibilité, les carcans restent puissants. Moi-même je me rends compte qu’à chaque fois qu’une émission ou un évènement m’amène la larme à l’œil, j’essaye de ne pas le montrer à ma femme.  Je ne sais pas pourquoi, c’est une forme de réflexe conditionné par la société qui m’amène automatiquement à le masquer comme si c’était honteux et que je perdais ma masculinité.

Le rapport de force physique reste aussi présent. Il n’y a qu’à voir les discours sur « il ne faut pas baisser la tête » et le nombre d’embrouilles pour un regard appuyé. Comme si notre masculinité dépendait de notre proportion à affronter l’autre en lui montrant qu’on est capable de le défier physiquement. Sorte de jungle testotéronée où il faudrait prouver que nous sommes des mâles dominants pour s’assurer de la transmission de notre génome, au XXIème siècle…

Et enfin les femmes. On n’en sort pas. Dans un collectif masculin, le nombre de conquête féminine reste, inlassablement, un critère de virilité. Je veux bien que la nature pousse les animaux à maximiser les chances d’avoir une descendance mais l’humain a montré depuis des millénaires qu’il était capable de collectivement s’affranchir d’un certain nombre de ces réflexes…

L’ensemble de ces éléments renvoient inlassablement à cette incitation masculine à la domination sociale. Ces codes qu’on pourrait qualifier de masculinistes, tendent à maintenir un système inégalitaire où les femmes font partie des premières victimes, car exclues par essence de ce jeu de domination stéréotypé.

Nous avons donc un rôle collectif, notamment nous les hommes : contribuer à casser ces schémas caricaturaux de la masculinité. L’idée n’étant pas de gommer les différences mais bien de redéfinir les rôles modèles masculins.

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